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Ma Réponse :
Isabelle Vanspeybroeck
Candidate du Front de Gauche
Dans la 7éme circonscription.
2 rue Léon Allart
59100 Roubaix
03 20 73 17 06
fdgcirconscription7@orange.fr / frontdegauche7eme.over-blog.com
Monsieur Francis Dumortier
60 rue de Belfort
59390 Lys lez Lannoy
Monsieur le Président,
J’ai bien reçu votre lettre ouverte aux candidats aux élections législatives de juin 2012 concernant la cruciale question de la Paix sur notre planète.
Tout d’abord je tiens à préciser que la formation politique à laquelle j’appartiens milite de tout temps pour la Paix dans le monde, le désarmement en général et nucléaire en particulier.
De nombreux écrits émanant de nos différents responsables nationaux du Parti Communiste Français, et portés par le Front de Gauche sur ce sujet existent et je les partage pleinement.
L’exigence du désarmement s'impose d'abord parce que les problèmes du monde n'ont de solution durable que dans la réponse à la question sociale et aux moyens qu'on peut y consacrer. La baisse des dépenses militaires est donc essentielle.
Ensuite parce que les armements ont leur propre logique : le commerce et la diffusion des armes alimentent les crises et les conflits. On sait d'ailleurs que ce sont les armes légères et de petit calibre (quelques 600 millions circulent sur notre planète) qui font – et de loin – le plus de victimes.
Enfin, à chaque configuration différente des relations internationales correspond un certain type de course aux armements. Avec la deuxième moitié du XXe siècle, l'arme nucléaire a fait du désarmement une exigence qui touche aux enjeux globaux de sécurité mais aussi à la conception que l'on se fait de l'Humanité. Aujourd'hui, une nouvelle course aux armements porte sur le conventionnel, les technologies, la sophistication et la puissance des armements. Elle porte aussi sur la modernisation du nucléaire. On ne peut sérieusement penser les conditions de la sécurité internationale et le besoin de paix sans poser la question du désarmement pour tous les types d'armes.
Il est donc impératif et urgent que le Parlement français se saisisse de ces questions. Les parlementaires communistes se sont chaque année opposés au budget de la défense, à la conception même de la stratégie de défense et de sécurité du gouvernement.
A votre première question : Vous engagez vous à voter la réduction d’au moins 15 % du budget militaire.
Ma réponse et OUI. S'opposer à la course aux armements doit redevenir une exigence prioritaire à cause du danger inhérent à un tel processus mais aussi pour le coût prohibitif que cela représente en soi, d'autant plus lourd dans une phase de crise des finances publiques marquée par des politiques d'austérité drastiques et des surenchères antisociales, en France et en Europe.
La baisse des dépenses militaires est une bataille en soi qui n'est pas contradictoire avec les exigences de la sécurité, au contraire. Nous sommes en effet favorables à la recherche collective de la sécurité internationale par une démilitarisation, une dénucléarisation des relations internationales, une recherche concommitante et déterminée de la résolution des conflits, ce qui doit contribuer à préserver le régime de non-prolifération nucléaire et le TNP lui-même. Il faut renverser les logiques actuelles.
A votre deuxième question : Stopperez-vous la course au surarmement nucléaire ?
Ma réponse est OUI. La complexité nouvelle où tout est lié nous oblige aussi à prendre acte du rapport maintenant étroit entre la question de la résolution des conflits et celle du désarmement, en particulier nucléaire. L'action pour le désarmement nucléaire est objectivement liée au règlement des conflits. On voit notamment le rôle du nucléaire israélien dans le conflit israélo-palestinien et dans la crise sur le nucléaire iranien.
Ce constat semble relever de l'évidence, pourtant, il y a de fortes réticences dans le débat politique et dans le débat d'experts à établir un tel lien. On constate une persistance à séparer le stratégique et les conflits alors que la sécurité ne se divise pas. Il est vrai que ce qui domine globalement aujourd'hui n'est ni le désarmement, ni le règlement des conflits mais l'adaptation des moyens militaires et des politiques de défense à la poursuite des logiques de puissances et de guerres. D'où, par exemple, le retour du débat (compliqué) et des projets concernant le bouclier anti-missiles balistiques.
Ainsi, la France, avec ses partenaires européens, devrait agir pour une solution à la question de Palestine à la fois pour contribuer à la justice et à la paix et pour faciliter le désarmement nucléaire. Il est même nécessaire - pour exprimer la même chose autrement - de souligner que pour favoriser un tel désarmement, il faut contribuer à un règlement israélo-palestinien juste et durable. Une politique étatique efficace, une vraie politique de gauche en France, doit faire ce lien.
A la troisième question : Exigerez-vous que la France quitte l’OTAN ?
Ma réponse est OUI. Ce choix atlantiste qui fait de la puissance et du militaire les critères et les moyens principaux de la place internationale de la France n'est pas le mien. C'est un choix réactionnaire. Ce n'est pas ainsi que l'on peut construire un grand rôle positif de la France et de l'Europe dans le monde.
La France doit s’activer en faveur d'une politique européenne commune de la sécurité indépendante de l'OTAN, elle doit être à l'initiative pour un désarmement multilatéral et contrôlé, pour la non-prolifération nucléaire, pour une baisse des dépenses militaires dans le cadre d'une politique de défense adaptée aux défis cruciaux de notre période.
Dans le cadre du sommet de l'OTAN de Lisbonne, les responsables de cette organisation politico-militaire occidentale ont travaillé à un nouveau concept stratégique offensif d'une Alliance ayant vocation à intervenir partout. Ils ont insisté lourdement sur la nécessité pour les pays membres d'assurer un niveau de dépenses militaires suffisant. Je m’oppose à cette conception.
A la quatrième question concernant la reconnaissance de l’état palestinien,
Ma réponse est OUI. Il y a urgence au Proche-Orient, en particulier pour rouvrir le chemin de la paix dans le conflit israélo-palestinien. Relancer un processus de règlement politique est une priorité. La France, avec ses partenaires européens, peut jouer un rôle. Mais il lui faut agir, prendre l'initiative, chercher des appuis et des alliés dans le monde, rappeler en permanence l'exigence du respect du droit international et des résolutions de l'ONU, contribuer à une mobilisation des opinions publiques. Agir pour une solution à ce conflit est une responsabilité collective des États, de toutes les forces politiques et sociales favorables à la paix et à la solidarité. Un monde plus sûr, des relations internationales plus civilisées passent par une solution véritable au conflit israélo-palestinien. Il faut redonner de l'espoir à celui qui en a tant perdu, le peuple palestinien, et à toutes celles et ceux, y compris en Israël, qui s'engagent pour une paix juste. La France et les Européens doivent obtenir la convocation d'une conférence internationale sous l'égide des Nations unies afin de définir un règlement d'ensemble, pour en finir avec l'occupation et la colonisation, pour l'édification d'un État palestinien indépendant à côté de l'État d'Israël, dans les frontières de 1967, avec Jérusalem- Est pour capitale et la reconnaissance du droit au retour des réfugiés.
Pour terminer :
L’intervention populaire est indispensable.
Il y a donc, dans les relations internationales actuelles, des problèmes politiques lourds à régler. Il y a aussi des questions éthiques et humaines directement posées par les tragédies auxquelles ont conduit les politiques mises en oeuvre depuis des dizaines d'années.
C'est un défi pour la Gauche française, les élus du Front de Gauche relèvent ce défi.. Leur responsabilité est de proposer des solutions, de montrer - pour leur crédibilité - qu'ils saisissent la complexité des situations, qu'ils sont porteurs d'une vision alternative des relations internationales, qu'ils sont capables, sur des objectifs positifs, de rassembler des forces, des énergies de façon très large afin de montrer qu'il y a des solutions possibles dont les peuples concernés ont besoin.
Il faut donc favoriser, en France et en Europe, le débat et l'intervention populaire sur ces questions, en s'appuyant sur les valeurs de justice et de solidarité et sur les aspirations à la paix et à la sécurité.
Quant à l'exigence de paix, il est indispensable aujourd'hui d'inscrire notre vision et nos propositions dans le nouvel état du monde et de répondre à la question essentielle: qu'est-ce qui produit les insécurités aujourd'hui ?
Comment construire un monde de sécurité et de paix pour les peuples, sinon en combattant et en inversant les nouvelles logiques de militarisation en cours ?
L’enjeu est considérable. Il s’inscrit comme une exigence primordiale dans le monde globalisé d’aujourd’hui. Nous avons besoin de nous approprier ces nouvelles réalités, de les mettre en débat pour une action citoyenne la plus large. C’est le sens même de la démarche du Front de Gauche, son projet et de sa stratégie de rassemblement pour avancer dans la voie durable d’un monde de justice et de paix.
En espérant avoir répondu à vos interrogations, recevez, Monsieur le Président l’expression de mes respectueuses salutations.
Isabelle Vanspeybroeck
Candidate du Front de Gauche
dans la 7ème circonscription.